A l'origine est le souffle. Toutes les traditions corps-esprit sont d'abord un travail sur la respiration. C'est vrai dans le yoga, le qigong, le vipassana tibétain. Plus près de nous, c'est également vrai chez les pères du désert, les soufis, les kabbalistes… L'humanité a très tôt pris conscience de la puissance du souffle maîtrisé. Les scientifiques en redécouvrent aujourd'hui les vertus.
Essayez d'être anxieux tout en respirant profondément, lentement et régulièrement, c'est impossible. Plus efficace encore, la respiration yogique calme littéralement le système nerveux en favorisant les réactions parasympathiques. Résultat: le cœur ralentit, la pression sanguine baisse, la circulation et la digestion s'améliorent, le système immunitaire est renforcé.
Ce n'est pas tout. La maîtrise du souffle va de pair avec un état de concentration dont les effets sont extraordinaires (1): les neuroscientifiques ont découvert par exemple que la simple focalisation de l'attention déplace l'activité cérébrale des émotions négatives vers les positives! Quand Matthieu Ricard intitule son livre "Plaidoyer pour le bonheur" (2), il sait de quoi il parle. Il est vrai qu'il y a consacré quelques milliers d'heures… Pour nous, qui ne sommes pas des athlètes de la méditation, la pratique du yoga (3) ou du qigong (4) procure une petite cure quotidienne d'attention: de quoi calmer notre éternelle agitation mentale - "mater l'esprit du singe", disent joliment les yogis -, percevoir la vie en soi plutôt que de l'imaginer là où l'herbe est plus verte.